Restauration de peinture à l’huile sur carton ou papier.

Restauration de deux huiles sur carton.

Huile sur carton avant restauration, recto

Huile recto, photo prise de biais

Verso de l’huile sur carton

Détail au verso avant restauration

Restauration de deux huiles de Cornélius, peintes à l’origine sur le recto et le verso d’un même carton.

Ces huiles ont été séparées : le carton a été coupé dans son épaisseur mais cette opération difficile n’a pas été menée à bien. Ainsi, l’atelier Laffitte s’est trouvé en présence d’un recto très abîmé. Comme on peut le voir sur les photos, cette tentative avait aboutie à créer des plis, des creux et tensions qui nuisaient véritablement à l’esthétisme de la première huile, la marine.
Le verso, on peut imaginer peut-être la représentation de Baudelaire (Cornélius a illustré les Fleurs du Mal et ce dandy chauve perché sur un astre nous fait pensé au poète) a moins souffert de l’opération. Mais, il y a néanmoins de nombreuses éraflures dans le graphisme dues à un encadrement et à un manque de soin concernant ce verso. Cette huile sur carton semble avoir été d’ailleurs « biffée ».

Recto de l’huile sur table lumineuse. On voit que l’opération de séparation de ces deux huiles de Cornélius a amené des amincissements importants du carton de support. Cela a créé, outre des fragilités importants des tensions considérables à la surface de l’œuvre.

Deux détails de la marine avant restauration. A certains endroits, ne reste que la couche picturale.

Il a fallu, unifier l’épaisseur du dos du recto, sans en diminuant le carton épais pas endroit, soit en comblant par des épaisseurs successifs de papier japon les amincissements. Ce travail s’est avéré délicat. Car, il s’agissait non seulement de redonner une planeïté correcte à l’huile mais de supprimer toutes les tensions induites par des différences d’épaisseur. Enfin, il a été réalisé un doublage sur un papier japon épais (30gr) pour consolider le document.
La restauratrice a procédé après séchage à des retouches aux endroits où la couche picturale avait été endommagée.

 

Décollage et nettoyage de dessins

 

Décollage et nettoyage de dessins

Dessin de ou d’après Mucha avant restauration.

dessin de Mucha avant décollage, nettoyage et restauration

Ce dessin est en fait un poncif percé d’une multitude de petites trous. De Mucha ou d’après lui, les experts le diront. C’est en tout cas une figure dessinée  par l’artiste mais réutilisée à,des fins commerciales sans l’autorisation de l’artiste. Il s’agit du panneau décoratif « Brunette » faisant partie du diptyque dit des figures byzantines. Poncif pour la réalisation d’un plat  décoratif ?

Sur cet exemplaire, on voit  des ébauches de motifs floraux. Une petite frise aquarellée aux motifs de cyclamens est collée à coté. L’harmonie des couleurs de ce dessin (si elle n’est pas de l’artiste) correspond pourtant bien à des teintes que Mucha a pu associer dans d’autres œuvres

Etat du dessin avant décollage et nettoyage :

Ce dessin est collé sur une feuille de papier bleu. Il s’agit probablement d’une colle de pâte qui a jauni dans le temps et a laissé de grosses taches brunes dans le graphisme. Mais comme il s’agit d’un dessin à la mine de plomb, le restaurateur peut envisager un décollage aqueux. Le papier est froissé et il y a également des taches graisseuses et des taches d’aquarelles.
L’aquarelle présentera plus de difficultés. Une immersion longue dans l’eau était inenvisageable car les pigments se sont révélés peu stables après avoir été testés. Le restaurateur choisira, donc, d’enlever la plus grande partie du papier au scalpel. Puis, il utilisera des cataplasmes de gel de synthèse pour ramollir et décoller le document.
Verso d'un dessin de Mucha, en cours de décollage et de restauration

Dos du dessin en cours de décollage.

Au dos du dessin qui n’est collé que par point, on voit nettement le motif dus poncif apparaître. Et, on aperçoit des esquisses d’autres motifs à la mine de plomb et à l’encre.

Dessin après décollage, nettoyage et restauration.

Le dessin après un nettoyage dans un bain aqueux et mise à plat à retrouver sa beauté originelle. Mais quelques petites traces d’aquarelle subsistent, malgré un traitement ponctuel sur ces taches. La difficulté aura été la mise à plat du document, le restaurateur voulant effacer le moins possible les reliefs laissés par les perforations qui font partie de l’histoire de ce dessin.

 

restauration d'un dessin de Mucha Lithographie telle qu’elle a pu être imprimée à l’époque d’après l’œuvre de Mucha.

 

Décollage d’un document de son support

Le décollage des documents :

Très souvent, le restaurateur se trouvera confronté au problème du décollage avant toute autre intervention. Il ne pourra pas intervenir pour restaurer des déchirures, nettoyer, désacidifier, combler des manques sans décoller le support au préalable.

 Car les encadreurs, particulièrement au 19ème et 20ème siècles ont pris l’habitude de coller les œuvres afin quelques soient bien plates.

Colles de pâte, colles de peau, colles vinyliques ou autres scotchs, double-faces, kraft, tout y passe, adhésifs réversibles ou non. Il fallait que cela soit le plus plat et le plus tendu possible, qu’importe si le papier doit pouvoir bouger puisqu’il s’allonge et se rétracte selon les variations hygrométriques. Pire encore,  les documents n’auraient, peut-être,  pas eu besoin de restauration si, leur collage sur des matériaux acides, n’avait pas nuit à leur conservation. Les piqûres, taches de foxing ou brunissements généralisés sont souvent dus  à l’utilisation de mauvais cartons. D’autres facteurs interviennent également (lumière, humidité, polluants, etc). Mais ces adhésifs divers jaunissent et laissent des marques souvent indélébiles. Le décollage est donc souvent l’étape obligée avant toute restauration.

Exemple d’une aquarelle et gouache  collée sur un carton acide.

décollage d'une aquarelle collée sur carton acide avant restauration décollage d'une goauche collée en plein sur un carton acide, moisissures et mouillures.

Décollage d’une aquarelle, gouache et encre.

Détail avant décollage, la partie basse est moisie et donc très fragilisée.

 decollage d'oruvres sur papier collées en plein  decollage, nettoyage papiers, dessins, aquarelles

 Détail du document, partie moisie.

Dos de l’oeuvre pendant  le décollage 

Le carton est pelliculé au scalpel, épaisseur après épaisseur

detail de la gouache avant decollage detail de l'aquarelle decollée apres nettoyage
Le restaurateur pourra donc après le décollage procéder au nettoyage de l’œuvre avant son doublage sur un papier de renfort, japon 22gr. Après séchage, il pourra combler les manques de matières et reprendre  le graphisme.
gouache apres decollage et restauration
 Il est très difficile pour le restaurateur d’estimer le coût du décollage lors du devis. En particulier, lorsqu’il s’agit de colles récentes et que le document est fragilisé de par son état de conservation : déchirures, moisissures, document ayant été blanchi, papier de pâte mécanique fragilisé etc. Très souvent, l’étape du décollage se révélera cruciale dans le processus de restauration.

Restauration d’un dessin à la sanguine

Dessin au crayon sanguine, avec des auréoles, avant restauration.

dessin sanguine ayant subi un dégât des eaux avant nettoyage et restauration
taches sur dessin à la sanguine, nettoyage et restauration

Etat de la sanguine avant nettoyage :

Dessin au crayon sanguine de grande dimension (65 x 90cm).

Analyse avant restauration du dessin à la sanguine. On note d’importantes mouillures et le papier est taché  et marqué comme si le liquide avait été légèrement huileux. L’eau a entraîné des pigments qui ont marqué les bords des auréoles et teinté le papier. Ce à quoi s’ajoute probablement une coloration venant du support, en l’état un genre de bois aggloméré. Comme le papier était déjà légèrement oxydé au contact de ce support acide et de mauvaise qualité, sa tonalité globale est un peu jaune. Le dessin est également froissé.

Sanguine après restauration, nettoyage

Dessin au crayon sanguine après restauration : 

Avant toute restauration sur un médium aussi fragile, il faudra tester l’adhérence de ce crayon au papier et analyser la possibilité de traitements aqueux de la totalité du dessin. Dans le cas présent, et compte-tenu de l’intensité et de la dimensions des taches,  on réalisera un traitement en bain aqueux  après l’application d’un fixatif de restauration sur le graphisme.
Le nettoyage aqueux s’étant révélé insuffisant après séchage, le restaurateur traitera les auréoles avec des solutions de produits chimiques ponctuellement. De nombreux rinçages suivront avant le retrait de l’essentiel du fixatif afin de n’avoir pas de changement optique. Puis la sanguine sera mise à séchée sous in tissés et poids.

 

Utilisée dès l’Antiquité, la sanguine,  nommée ainsi par analogie avec la couleur avec du sang, est obtenue à partir d’une pierre d’oxyde ferrique argileux  réduite en poudre. Cette poudre est ensuite façonnée avec divers liants pour donner naissance à des crayons, des bâtonnets, des pastels, des pigments libres.
Il existe plusieurs nuances d’orangés plus ou moins foncés tirant parfois vers les marrons.
Selon les liants et les techniques utilisées par les artistes, la restauration s’avérera plus ou moins délicate. 

Restauration de lithographies

Restauration d’une  lithographie :  exemple d’une affiche de Tintin 

  Affiche imprimée en lithographie avant restauration.   

   

restauration d'une affiche lithographique

Cette lithographie avant restauration apparaît assez jaune. Cette couleur est due à l’oxydation de la cellulose du papier. Les coins  déchirés par d’anciennes punaises manquent en partie. Et l’utilisation d’adhésifs de type pâte à modeler a également laissé des traces graisseuses dans les coins et au milieu du document.

Procédure de restauration de la lithographie:

Tout d’abord, le restaurateur va retirer les restes d’adhésifs à l’aide d’une spatule chauffante. Puis, à l’aide de cataplasmes de Laponite, un gel de synthèse, et de solvants testés au préalable, il enlèvera au mieux les taches graisseuses laissées par la pâte collante. Il lavera ensuite la lithographie dans plusieurs bains aqueux à l’eau tiède jusqu’à dissolution des composés colorés issus de l’oxydation.
Le restaurateur mettra ensuite le document à plat en le massant avec un gel de Tylose avant de le faire sécher à plat sous buvard.
Lithographie après restauration, affiche de Tintin restauration d'une lithographie. restauration affiche Tintin

Restauration d’une lithographie :

Après séchage, le restaurateur a exécuté des greffes de papier afin de reconstituer les angles manquants et fait quelques retouches là où le graphisme était abimé. On notera que sans la dominante jaune due à l’oxydation, le bleu retrouve son éclat sans tirer sur le vert et les contrastes sont ravivés.

La lithographie :

La lithographie est une technique de gravure à plat. Inventée par Aloys Senefelder, qui cherchait un moyen de reproduire des partitions, mais définitivement mise au point dans les premières années du XIXesiècle. La lithographie (du grec lithos, « pierre » et graphein, « écrire ») est une technique d’impression sur pierre ou sur zinc à l’aide d’encre grasse.

La lithographie donne une grande liberté à l’artiste car il peut dessiner directement au crayon gras, à l’encre ou au pinceau sur la pierre. La pierre lithographique est une pierre calcaire préparée de manière à retenir cette encre grasse qui sera fixée par un mélange de gomme arabique et d’acide.  Puis elle est mouillée et encrée avec une autre encre grasse. L’eau refusant le gras, l’encre demeure sur le tracé et peut recevoir la feuille avant le passage sous la presse lithographique. Avec cette technique on peut tirer un très grand nombre d’épreuves. Pour la lithographie en couleur, il y aura une planche par couleur, les nuances seront créées par la superposition de plusieurs teintes. Il n’y aura pas d’empreinte de cuvette (marque laissée par les cuivres lors de l’impression en creux) ni de relief d’encre.
Mais, si c’est une technique qui semble plus aisée, elle permettra cependant à de grands artistes d’exprimer leur génie comme Daumier, Lautrec, Goya ou Matisse par exemple.

En restauration :

Généralement les encres d’impression sont très stables mais selon les époques, il peut y avoir des teintes plus fragiles. Le restaurateur prendra soin de faire des tests avant toute action pour vérifier la résistance à l’eau et aux différents produits qui pourront être utilisés lors des procédures de restauration. 

Restauration d’une aquarelle de Marie Laurencin.

 

Restauration d’aquarelle : exemple d’une aquarelle de Marie Laurencin

 nettoyage aquarelle de Marie Laurencin, aquarelle collée sur des cartons acides

Etat, avant restauration, de l’aquarelle :

Cette aquarelle est collée en plein sur un carton, le passe-partout est également collé sur le carton de fond. Le papier a beaucoup jauni, oxydé au contact de cartons acides. cela dénature les couleurs du graphisme. Or, dans ces là, le restaurateur craint toujours qu’un encadreur peu soucieux est également mis de l’adhésif sur l’oeuvre.
Il s’agira donc de déchirer  le passe doucement  pour mettre à jour les bords de l’œuvre. Et il faudra que l’arrachement soit très délicat de façon à laisser une épaisseur de carton sur l’oeuvre si celle-ci était également encollée.

 

aquarelle collée sur carton avec passe partout collé sur le fond et les bords du doc

Démontage de l’aquarelle :

On peut apercevoir sur ce détail : le timbre à sec de l’atelier de Marie Laurencin. On se rend compte de l’altération des couleurs, le carton ayant empêché l’action aggravante de la lumière. Mais malheureusement, on découvre également que des points de colle sont posés sur le document.
Le démontage, partie essentielle de la restauration de l’aquarelle, va être délicat tant au recto qu’au verso.
Le restaurateur va enlever le maximum de matière au scalpel avant de ramollir les adhésifs avec des gels. Au verso, il va pelliculer le carton avant de tester si un décollage en bain est réalisable.

 

 

 

 

Restauration d'une aquarelle de Marie Laurencin, collée sur un carton et oxydée.

Détail de l’aquarelle, en cours de décollage :

Le passe-partout a malheureusement été collé sur une bonne partie de l’œuvre elle-même. La situation est toujours délicate dans ces cas là car le restaurateur ne voit pas les moins de collage. Après décollage et tests de la solidité des pigments, l’aquarelle sera lavée plusieurs fois dans des bains aqueux pour extraire le plus possible de résidus jaunes dus à l’oxydation. L’autre difficulté et « risque » consiste dans ce cas là dans la signature manuscrite. A l’encre ou à l’aquarelle peu diluée, pour plus de sécurité le restaurateur appliquera, à l’aide d’un pinceau très fin, un fixatif qui sera retiré après séchage.

 

Aquarelle après décollage et nettoyage.

Aquarelle après restauration

Cette aquarelle de Marie Laurencin a retrouvé ses couleurs. La dominante jaune ayant été enlevée, les teintes ont repris leurs nuances originelles. Le décollage et le nettoyage de cette œuvre permettront sa conservation, à la condition qu’elle soit désormais conservée dans de bonnes conditions.  c’est à dire : matériaux de bonne qualité, hydrométrie relative stable (proche de 50%) pour une température autour des 20°et protection contre les rayons infra-rouges et ultraviolets …
Et, si elle devait être ré encadrée, il faudra que l’encadreur utilise des matériaux de qualité conservation ou museum. Le collage des documents étant, bien évidemment prohibé, il utilisera de fines bandes de papier japon pour la fixer sur le carton de support ou des adhésifs spécialement conçus pour la conservation des documents. Un papier vit et bouge. Il se tend et se détend. rien ne sert de vouloir chercher l’extra plat par des tendages ou des collages qui ne feront que dégrader l’œuvre.

Restauration de dessins au crayon.

Restauration d’un dessin au crayon

restauration d'un dessin au crayon, mine de plomb, sur papier du 19ème siècle

 Dessin au crayon, mine de plomb avant décollage et nettoyage.

Etat de conservation :

Ce petit dessin à la mine de plomb, attribué par son propriétaire à Delacroix, est collé sur un carton acide avec une colle de « pâte ». Cette colle a provoqué des taches très importantes dans le dessin, occultant par endroit le graphisme. Le restaurateur constate que le coin supérieur gauche est entièrement déchiré et qu’il manque le coin supérieur droit. Et il existe également deux  déchirures importantes dans la partie basse. Il y a eu plusieurs collage successifs car la colle brune n’est pas présente partout alors que le dessin est collé sur toute sa périphérie à l’aide d’une colle qui ne s’est pas oxydée de la même manière. Le papier du dessin est extrêmement fin : papier à esquisse et il est très fragilisé par de mauvaises conditions de conservation, en particulier par son collage sur des cartons acides.

Procédure de restauration du dessin au crayon :

La première étape consistera dans le décollage du dessin. Il s’agit d’abord d’éliminer le plus de carton possible autour des parties non collées et d’amincir le carton au scalpel. Le restaurateur appliquera ensuite das cataplasmes de gel de synthèse pour ramollir suffisamment les colles pour détacher l’oeuvre de son support à l’aide d’une spatule très fine. Ce dessin étant très fragile, le restaurateur ne prendra pas le risque d’un décollage en bain. Le dessin sera ensuite nettoyé dans plusieurs bains aqueux jusqu’à élimination de toute trace de colle. Un nettoyage chimique ponctuel aurait pu être envisagé mais par chance, cela ne sera pas nécessaire.
Restauration d'un dessin à la mine de plomb, dessin déchiré

Restauration d’un dessin au crayon : état après décollage et nettoyage

Après nettoyage, les dernières traces seront atténuées ponctuellement avant un doublage sur un papier japon 11 gr et une colle de  restauration, la Klucel G. La restauration du dessin au crayon se terminera par une greffe de papier afin de refaire le coin du document. Le restaurateur utilisera un papier de même nature et une colle de restauration réversible.
restauration de dessins, dessin au crayon après restauration

Dessin après décollage, nettoyage, doublage et greffe de papier.

Restauration d’une aquarelle de Winterhalter

Restauration d’une aquarelle. 

aquarelle avec piqûres, taches, nettoyage

Etat de conservation de cette aquarelle de Winterhalter :

Cette aquarelle se présente fixée par du papier kraft sur son passe partout. On note un léger jaunissement de la feuille et de très grosses taches d’oxydation qui dénature le graphisme de ce joli portrait.  Ces piqûres sont dues à l’altération de la cellulose par oxydation au contact de matériaux acides. Le passe-partout comme le fond de l’encadrement ont été réalisés dans cartons très acides.

aquarelle avec des taches avant nettoyage

            Aquarelle avant restauration. Victoria, princesse royale, par Winterhalter 

aquarelle après restauration, nettoyage, encadrementDétail de l’aquarelle après restauration.

Les grosses taches de foxing ont disparu.

Procédure de restauration de l’aquarelle 

Après démontage, et avant toute opération, le restaurateur va tester la solidité des couleurs et de l’encre de la signature pour voir s’il peut envisager un nettoyage.
Après un léger gommage à la gomme en poudre, le restaurateur va utiliser un fixatif sur les couleurs. la restauration de l’aquarelle consistera alors en plusieurs bains aqueux avant séchage pour voir le résultat. Une opération de nettoyage avec un agent oxydant suivie d’une neutralisation et de rinçage suivra. Séchage, avant de retirer le fixatif. Puis le restaurateur procédera à une mise à plat et consolidation à la tylose MP 300 avant de retirer le fixatif.

 

 

restauration et encadrement aquarelle de winterhalter

Encadrement  après restauration.

Un autre passe-partout dans le même esprit a été réalisé sur un carton de qualité museum avant ré encadrement sur cartons museum avec un verre anti UV.

       Aquarelle après restauration

Bien que la procédure de restauration soit délicate, on peut envisager de mouiller les aquarelles contrairement aux gouaches. En effet, si les deux sont composées de liants et de pigments, l’aquarelle ne comporte pas de charge et est utilisée très diluée. les pigments pénètrent alors profondément le papier et sont souvent presque indélébiles quand il n’y a pas d’épaisseur de matière et que l’aquarelle est de bonne qualité.

Les tests et la prudence restent de mise et les procédés chimiques ne sont à utiliser que lorsque que l’esthétisme du document est profondément affecté. Le restaurateur d’aquarelle s’entretiendra avec le possesseur de l’aquarelle en l’informant des  conséquences sur le papier. En tout état de cause, une désacidification et un encadrement conforme aux exigence de la conservation sont nécessaires pour stopper les dégradations.

Restauration de gravure aquarellée

Restauration d’une gravure  aquarellée.

Nettoyage de gravure aquarellée, restauration de gravures

Gravure à l’aquatinte aquarellée avant restauration

Etat de conservation du document.

Cette gravure aquarellée, aquatinte rehaussée d’aquarelle et de gouache blanche, est assez « rousse » ce qui dénature les couleurs d’origine (jaune-roux plus bleu égal verdâtre). Cette rousseur est due à l’oxydation de la cellulose du papier provoquée par de mauvaises conditions de conservation.

C’est pourquoi, pour accentuer les contrastes de cette gravure aquarellée et pour dissimuler les défauts, des aplats de gouache blanche ont été rajoutés. On constate de nombreux manques, petits trous et épidermures dans le graphisme. Soit le papier a subi les ravages des lépismes, soit un excès d’adjuvants (talc, carbonate de calcium…) ont accéléré la dégradation de ce papier en se désolidarisant de la feuille. On note, également, de nombreuses « piqûres »  dites taches de foxing dues à de mauvaises conditions de conservation pour cette gravure. Elles sont dues, également, à une l’oxydation de la cellulose du papier.

gravure aquarellée après restauration

Gravure aquarellée après restauration.

Procédure de restauration de la gravure aquarellée :

Le restaurateur, dans le cas d’une œuvre aquarellée, commencera par pratiquer des tests de résistance des coloris aux traitements aqueux ou alcooliques s’ils sont nécessaire à la restauration du document.
Dans ce cas précis, l’opération de restauration a consisté en un nettoyage aqueux de la gravure suivi d’un nettoyage chimique afin d’éliminer les taches de foxing restantes. Puis, on a réalisé des retouches à l’aquarelle là, où le graphisme avait disparu.

La gravure à l’aquatinte, quelques notions :

L’aquatinte fait partie de la famille des gravures « en creux », c’est une technique dérivée de l’eau-forte  où l’on utilise l’acide pour réaliser les creux dans la plaque,  on parlera de taille indirecte.L’effet recherché est de reproduire, par la gravure, le style pictural d’une aquarelle ou d’un lavis à l’encre. Des teintes dégradées, des valeurs, avec peu ou pas de traits dans le graphisme.

Le principe est de recouvrir les zones qui seront encrées par une multitude de petits grains de résine sur une plaque de cuivre (différentes grosseurs) en protégeant les parties qui resteront blanches. Ces grains vont adhérer à la plaque qui sera chauffée et trempée dans l’acide. L’acide (eau-forte) creusera autour de ces grains ; le temps de morsure, la grosseur des grains permettent des dégradés du noir au blanc. Le graveur peut également retravailler  sa plaque soit avec des traits avec la technique de l’eau-forte soit  avec une autre technique. Et, il peut également se servir d’un brunissoir pour moduler sa teinte en diminuant la profondeur des trous.

C’est au XVIII siècle que cette technique de gravure a été inventée, les français et les anglais s’en attribuant la parenté. Il faudra par contre beaucoup d’essais pour maîtriser l’impression en couleur et faute de précision, nombre de tirages ont un aspect « flouté » pas très heureux.  C’est pourquoi, il était, à la limite, plus simple de les mettre en couleurs à l’aquarelle, comme cette gravure aquarellée.

La pose aléatoire des grains, tout comme leur forme après avoir été chauffés donne au dessin un aspect vivant, « peint » au contraire d’une trame mécanique. On la reconnaîtra aisément à l’aide d’une loupe (x6) à cet aspect un peu « caramel fondu ». Et à sa très grande délicatesse, bien sûr. Le relief d’encre (sensation des traits sous les doigts) n’est pas ou très peu sensible. Cela peut rendre l’aquatinte assez délicate à manier en restauration.

Restauration d’une aquarelle

Restauration d’une aquarelle oxydée, taches de foxing et moisissures.

Nettoyage d’une aquarelle, traits d’encre.                     

Blanchiment chimique d’une aquarelle

blanchiment d'une aquarelle. restauration

Etat de conservation avant restauration : 

Cette  aquarelle est très oxydée et très sale, on note également des moisissures en partie basse, le restaurateur envisagera un nettoyage. Les  taches proviennent d’une altération de la cellulose du papier par hydrolyse et oxydation.

Ces dégradations apparaissent sur de nombreux papiers. Sur des papiers fabriqués à partir de linters de coton, les colorations sont très accentuées. si des facteurs internes peuvent jouer, présence d’un encollage du papier à la colophane par exemple, ce sont surtout des facteurs externes qui provoqueront ces dégradations, la plus fréquente des causes est l’encadrement avec des cartons acides. Puis, la lumière, l’humidité, la chaleur, les polluants atmosphériques, nocifs en eux-mêmes pour le papier, accéléreront le processus.et couleurs rousses 

 Aquarelle  avant  blanchiment

Procédure de restauration : 

blanchiment d'une aquarelle, les risques ?

Nettoyage et blanchiment

Le restaurateur commencera par éliminer dans un endroit ventilé les moisissures. Puis, il procédera, si comme c’est le cas ici, il n’y a pas de mine de plomb, à un nettoyage à la gomme en poudre. Puis tous les coloris et l’encre seront testés pour voir s’ils peuvent résister à l’eau et à fortiori à un nettoyage chimique. Un fixatif sera posé sur les couleurs les plus sensibles au recto et au verso en prenant soin de ne pas dépasser le graphisme pour ne pas créer d’auréoles.

L’aquarelle sera ensuite lavée plusieurs fois dans une eau claire jusqu’à ce que tout le « jus jaune » soit extrait, l’eau étant un excellent solvant. Séchage et selon le résultat, le restaurateur entamera une procédure de blanchiment avec un agent oxydant, un réducteur et de nombreux rinçages. Suivra, l’enlèvement du fixatif, un apport d’un consolidant et une mise à plat sous presse.

Aquarelle après restauration

Le mot est écrit : blanchiment. 

Car le mot est tabou même si tous les restaurateurs  pratiquent le blanchiment à des degrés divers. Pourquoi tabou ? Parce que toutes les études prouvent que les réactions d’oxydo-réduction nécessaire au blanchiment et à ce type de nettoyage diminue la résistance mécanique du papier. La dégradation est cependant variable selon les produits et les procédures utilisées et ne devra jamais être employée sans en avertir au préalable le client et seulement en cas d’absolue nécessité.  Comme les blanchiments sont plus ou moins  destructeurs de la cellulose du papier, on se contente pudiquement de parler de nettoyage. Pourtant, nul nettoyage seulement aqueux sur ce type de papier de linters de coton n’enlèvera des rousseurs aussi marquées. Même si un simple nettoyage aqueux si les pigments le supportent peut grandement améliorer l’aspect esthétique des aquarelles.

Les quantités de produits chimiques seront les plus faibles possibles et l’ aquarelle sera rincée de nombreuses fois.
L’opération comporte, comme cela a été dit  un affaiblissement de la solidité de la feuille de papier et des risques quant aux coloris de l’œuvre. C’est une opération uniquement utilisée à des fins esthétiques, on ne peut parler à proprement parler de restauration.

On ne doit jamais suivre les recettes délivrées sur internet du type eau de javel du commerce et citron sans risquer d’abîmer définitivement les documents. Même, si parfois, cela  peut ne pas se voir immédiatement, les résidus de chlore, par exemple, continueront à dégrader la cellulose jusqu’à un point où la feuille deviendra très molle avant d’être détruite.