Restauration d’une carte du 16ème siècle

Restauration d’une carte ancienne du XVI rehaussée à la gouache

 restauration carte ancienne eau-forte et gouache

                                      Carte ancienne avant restauration

Cette carte extraite de l’ atlas Theatrum Orbis Terrarum d’Ortelius en 1572, se présente collée sur un support auto-adhésif. De grandes déchirures sont maintenues par ce collage, on note que les marges très abimées ainsi que le centre de la gravure à l’emplacement de la pliure et de l’onglet qui  maintenait la carte dans l’ouvrage en permettant son ouverture à plat. Le restaurateur se trouve également face à la difficulté de rehauts faits à la gouache et donc très fragiles car sensibles à l’humidité. Il y a également des manques dans le graphisme et un empoussiérage généralisé.
                 restauration carte ancienne,collée, déchirée

Sur ce détail, on voit mieux les difficultés que le restaurateur rencontrera. De nombreux manques dans le graphisme, une épaisseur de gouache dans les bordures (couleurs bleues et rouges soutenues) qui rend le traitement délicat, la gouache étant très fragile en présence d’humidité, de grandes déchirures ayant altérer le dessin, une sur épaisseur médiane, car la feuille est en réalité presque totalement coupée en deux et les deux morceaux sont « froissés » et collés en superposition. Sur le détail, on aperçoit le carton auto adhésif sur lequel était fixée la carte.

 Détail de la carte ancienne avant restauration

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    Carte du XVI siècle après restauration

 La procédure de restauration : le restaurateur a, tout d’abord, décollé la carte de son support adhésif avec un scalpel et de chaleur puis sur le verso de la carte, il a éliminé les résidus d’adhésif à l’aide de solvants. un léger nettoyage à la gomme en poudre dans les marges a été réalisé.
A suivi une opération de doublage de la carte sur un japon 16 gr en prenant soin de bien aplanir la partie médiane et en éliminant la superposition de quelques dixièmes de millimètres. Après séchage, il a consolidé les grandes déchirures puis effectué des greffes de papier aux endroits où il manquait. Ensuite les diverses lacunes de la carte ont été mises à la teinte à l’aide d’aquarelle.
Détail de la carte ancienne après restauration

 Détail de la carte, partie médiane très abimée, après restauration.

Note : L’aquarelle et la gouache contiennent toutes deux des  pigments et des liants en proportion différentes pour obtenir plus de transparence avec l’aquarelle. Cette dernière étant ensuite très diluée à l’eau pénètre mieux les fibres du papier ainsi lorsque celles-ci s’allongent à l’humidité, la couleur suit l’allongement. Aux pigments et aux liants de la gouache, on va ajouter des agents de charge (talc, kaolin, blanc de zinc …)afin d’avoir une peinture plus opaque et plus épaisse. En conséquence, celle-ci reste en surface du papier et possède une certaine épaisseur, si le papier est mouillé, la couleur ne suivra pas l’allongement du papier et aura tendance à craqueler et à tomber, en plus comme les pigments n’ont pas pénétrer le papier et que les charges sont solubles à l’eau, la couleur est beaucoup moins résistante en milieu humide. C’est pourquoi, il est toujours plus délicat de travailler sur les gouaches et en particulier de les mettre à plat.