Restauration de pastel.

Restauration de pastel

Cas d’un pastel avec des moisissures.

pastel avant restauration

Description du pastel avant restauration: 

Ce joli pastel sec du 19ème siècle se présente collé sur un carton et encadré sous verre. De nombreuses moisissures se sont développées à sa surface. On aperçoit des filaments blancs et marrons clairs à la surface de l’oeuvre. Une hausse en carton acide a été utilisée pour isoler le pastel du verre

Ces moisissures sont très fréquentes sur les pastels, la craie qui compose les pastels secs avec les pigments et les liants est un support qui facilite le développement et la dispersion des micro-organismes. En outre, les pastels secs sont directement manipulés avec les doigts : petits bâtonnets sans protection, estompage et mélange du bout des doigts. Ainsi, dès la création du pastel, les impuretés seront incluses dans la couche picturale.
La restauration du pastel doit intervenir vite avant que les dégâts ne se propagent.

 

 

Détail de ce pastel avant restauration

Procédure de restauration de  pastel.

restauration-pastel-detail  On comprends aisément en regardant ce détail, de la difficulté de la restauration de  pastel moisi.
Le restaurateur doit enlever les hyphes des moisissures sans altérer le graphisme. Enlever des particules très fines et légèrement « attachées » sur une surface pulvérulente.
Pour ce faire, il utilisera des bâtonnets avec un peu d’ouate, des pinceaux très doux, des gommes « mie de pain » à la texture légèrement collante. Puis, comme le pastel ne peut être traité chimiquement à cause de sa fragilité, il sera encadré dans les règles en utilisant des huiles essentielles dans les supports (carton, cadre) pour limiter un développement ultérieur autant que faire ce peu dans de bonnes conditions de conservation.

 Pastel après restauration

 restaurateur de pastel - pastel après restauration

 La restauration de pastel :

On rencontre très souvent des pastels entoilés et encadrés comme des huiles, le fait d’être tendus sur une toile va souvent provoquer des déchirures. La toile et le papier ne s’allongeant pas de la même manière en présence d’humidité, c’est le papier qui va céder. Dans ces cas là, et pour les protéger des moisissures qui se développent facilement, il est vivement conseillé de faire très attention aux variations hygrométriques et à la température. Les micro-organismes divers ont une croissance exponentielle lorsque la température s’élève. De plus pour éviter que les pigments des pastels n’adhèrent au verre et pour se protéger des phénomènes de condensation, il faut impérativement une hausse importante entre le pastel et le verre d’encadrement.
On évitera, également, de frotter le verre avec un chiffon pour ne pas soulever la matière pulvérulente de la couche picturale par électrostatisme. Et si le pastel doit être déplacé on veillera à ce qu’il reste le plus possible à l’horizontal.

La restauration de pastel :

 L’une des  plus grande source de difficulté, pour le restaurateur, viendra des décollages ou des restaurations de déchirures, difficile de retourner ces objets délicats pour travailler sur l’envers. En cas de déchirures, l’usage des colles, risquant de foncer les pigments, la restauration de pastel se fera avec la plus grande prudence.

Décollage d’un document de son support

 

Le décollage des documents :

Très souvent, le restaurateur se trouvera confronté au problème du décollage avant toute autre intervention. Il ne pourra pas intervenir pour restaurer des déchirures, nettoyer, désacidifier, combler des manques sans décoller le support au préalable. Enfin, les encadreurs, particulièrement au 19ème et 20ème siècles ont pris l’habitude de coller les œuvres afin quelques soient bien plates. Colles de pâte, colles de peau, colles vinyliques ou autres, scotchs, double-faces, kraft, tout y passe, adhésifs réversibles ou non. Il fallait que cela soit le plus plat et le plus tendu possible, qu’importe si le papier doit pouvoir bouger puisqu’il s’allonge et se rétracte selon les variations hygrométriques. Pire encore,  les documents n’auraient, peut-être,  pas eu besoin de restauration si, leur collage sur des matériaux acides, n’avait pas nuit à leur conservation. Les piqûres, taches de foxing ou brunissements généralisés sont souvent dus  à l’utilisation de mauvais cartons. D’autres facteurs interviennent également (lumière, humidité, polluants, etc). Enfin les adhésifs divers jaunissent et laissent des marques souvent indélébiles. Le décollage est donc souvent l’étape obligée avant toute restauration.

Exemple d’une aquarelle et gouache  collée sur un carton acide.

décollage d'une aquarelle collée sur carton acide avant restauration décollage d'une goauche collée en plein sur un carton acide, moisissures et mouillures.

Décollage d’une aquarelle, gouache et encre.

Détail avant décollage, la partie basse est moisie et donc très fragilisée.

 decollage d'oruvres sur papier collées en plein  decollage, nettoyage papiers, dessins, aquarelles

 Détail, avant décollage, du document, partie moisie.

Dos de l’oeuvre pendant  le décollage 

Le carton est pelliculé au scalpel, épaisseur après épaisseur

detail de la gouache avant decollage detail de l'aquarelle decollée apres nettoyage
Le restaurateur pourra donc après le décollage procéder au nettoyage de l’œuvre avant son doublage sur un papier de renfort, japon 22gr. Après séchage, il pourra combler les manques de matières et reprendre pour des raisons d’esthétisme le graphisme.
gouache apres decollage et restauration
 Il est très difficile pour le restaurateur d’estimer le coût du décollage lors du devis. En particulier, lorsqu’il s’agit de colles récentes et que le document est fragilisé de par son état de conservation : déchirures, moisissures, document ayant été blanchi, papier de pâte mécanique fragilisé etc. Très souvent, l’étape du décollage se révèlera cruciale dans le processus de restauration.