Restauration d’objets sur papier

Restauration d’un objet en papier : 

Il s’agit d’un objet particulier puisqu’il s’agit de deux gravures aquarellées découpées en bandelettes.

Restauration d'objets sur papier, gravure découpée en bandelette, nettoyage de gravures

  Objet avant restauration 

 Vu d’un coté, l’image se dessine.  Sur le vue de face, on devine la vierge, mais les deux images se mêlent
 

 Description de cet objet sur papier et état de conservation

En fait, il s’agit de deux estampes aquarellées qui ont été découpées en fines bandelettes collées sur un support en accordéon en intercalant les deux œuvres. L’objet a pris l’eau et la fumée, il y a de nombreuses taches et auréoles, certaines bandelettes sont abîmées et en partie décollées. Et le support en accordéon est fixé sur un support comportant de nombreuses moisissures. Il faudra donc le remplacer.

Bandelettes en papier après nettoyage

Procédure de restauration de l’objet 

restauration sur papier, image vue d'un coté
Le restaurateur démontera l’encadrement puis désolidarisera l’accordéon du support.

Après un brossage pour éliminer les moisissures et poussières et un test sur les couleurs, il décollera les bandelettes du support. Il procédera ensuite au nettoyage et à la restauration des différentes pièces après séchage.
Dans ce cas particulier, il s’est avéré que le support (fait en papier dit de chiffon) et les bandelettes (papier dit de pâte mixte) n’ont pas retrouvé exactement leurs dimensions d’origine après séchage. Il faudra donc recréer cet accordéon pour y fixer les deux estampes en alternance, procédure assez délicate quant au repérage de la place exacte des deux images. Et, surtout, il faudra s’assurer que tous les angles soient bien net et bien égaux. Puis,le restaurateur aura à refixer ce pliage sur le carton de support avant de procéder à l’encadrement sur des matériaux de qualité muséum.

                         Objet en papier après restauration

Selon que l’on regarde l’objet d’un côté ou de l’autre deux images différentes apparaissent, si le spectateur  est de face les deux gravures se mélangent. On peut imaginer que ce type d’objet était un peu les précurseurs des techniques steréoscopiques de la photographie.

Restauration de jeux

Restauration d’un jeu sur papier

restauration jeu, décollage et nettoyage

Jeu de l’oie avant restauration

 Constat d’état avant restauration

Ce jeu de l’oie  l’effigie  sur le général De Gaulle a été diffusé à la Libération. Il est collé sur un carton qui a gondolé à l’humidité et qui a présente des moisissures. Il est donc important de le décoller pour un nettoyage du papier, de le consolider et de le fixer à nouveau sur un support qui permettra sa conservation.

Dos du document, moisissures avant restauration

Etat du dos du jeu avant restauration

 Jeu après restauration

Procédure de restauration de ce jeu sur papier :

Il a fallu tout d’abord décoller le jeu au scalpel, la colle ne s’avérant pas réversible à l’eau. Puis le restaurateur a procédé à une désinfection et à un lavage. Le jeu a été d’abord consolidé par un doublage sur papier japon à l’aide d’une  d’une colle d’amidon puis l’ensemble a été contre collé  sur un carton de qualité muséum. les petits manques dans le graphisme ont été repris au pastel sec.

Quelques  mots sur les cartons d’encadrement : 

Beaucoup d’œuvres sur papier  se dégradent beaucoup plus rapidement quand elles sont encadrées sur les cartons d’encadrement couramment utilisés par les encadreurs d’hier et encore aujourd’hui pour certains.
Ces dégradations se verront accélérées par d’autres facteurs comme l’humidité ou l’exposition à la lumière ou dépendront également de la qualité intrinsèque  des papiers, selon leur mode de fabrication.
Mais de nombreux documents, particulièrement encadrés au 19 ou 20ème  siècles souffrent de cette mise en contact.

Les cartons les plus utilisés sont fabriqués à partir de bois ou de pâtes recyclées, ils contiennent de la lignine, de nombreux substances chimiques et, s’ils ne le sont pas directement à la fabrication, sont acides ou le deviennent. Cela provoque, sur les œuvres,  des taches rousses (foxing, piqûres) ou une  tonalité rousse sur l’ensemble du document qui dénature le graphisme et fragilise la cellulose du papier par des mécanismes d’hydrolyse et d’oxydation.

Cartons et papiers de qualité museum ou conservation. Papiers « barrière » et papiers permanents.

Il est donc nécessaire de se procurer ou de demander aux encadreurs d’utiliser ce type de cartons. La mention « neutre » est insuffisante s’il s’agit de la mesure du carton à sa fabrication. Ils doivent être neutres (avec ou sans réserva alcaline) avec un taux d’alpha cellulose élevé ( cellulose la plus « pure »), garantis sans lignine et sans azurants optiques. Il existe des qualités différentes jusqu’aux cartons purs coton, elle seront appelées museum ou conservation selon les fabricants.
De la même façon, il existe des papiers fabriqués pour ne pas s’altérer comme les papiers barrières ou papiers permanents. Mieux vaut une cartonnette de conservation de qualité muséum après la restauration des documents qu’un encadrement sur cartons ordinaires même dits neutres.

Restauration de lithographies

Restauration d’une  lithographie :  exemple d’une affiche de Tintin 

  Affiche imprimée en lithographie avant restauration.   

restauration d'une affiche lithographique

détail avant restauration,

Cette lithographie avant restauration apparaît assez jaune. Cette couleur est due à l’oxydation de la cellulose du papier. Les coins  déchirés par d’anciennes punaises manquent en partie. Et l’utilisation d’adhésifs de type pâte à modeler a également laissé des traces graisseuses dans les coins et au milieu du document.

Procédure de restauration de la lithographie:

Tout d’abord, le restaurateur va retirer les restes d’adhésifs à l’aide d’une spatule chauffante. Puis, à l’aide de cataplasmes de Laponite, un gel de synthèse, et de solvants testés au préalable, il enlèvera au mieux les taches graisseuses laissées par la pâte collante. Il lavera ensuite la lithographie dans plusieurs bains aqueux à l’eau tiède jusqu’à dissolution des composés colorés issus de l’oxydation.
Le restaurateur mettra ensuite le document à plat en le massant avec un gel de Tylose avant de le faire sécher à plat sous buvard.
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Restauration d’une lithographie :

Après séchage, le restaurateur a exécuté des greffes de papier afin de reconstituer les angles manquants et fait quelques retouches là où le graphisme était abimé. On notera que sans la dominante jaune due à l’oxydation, le bleu retrouve son éclat sans tirer sur le vert et les contrastes sont ravivés.

La lithographie :

La lithographie est une technique de gravure à plat. Inventée par Aloys Senefelder, qui cherchait un moyen de reproduire des partitions, mais définitivement mise au point dans les premières années du XIXesiècle. La lithographie (du grec lithos, « pierre » et graphein, « écrire ») est une technique d’impression sur pierre ou sur zinc à l’aide d’encre grasse.

La lithographie donne une grande liberté à l’artiste car il peut dessiner directement au crayon gras, à l’encre ou au pinceau sur la pierre. La pierre lithographique est une pierre calcaire préparée de manière à retenir cette encre grasse qui sera fixée par un mélange de gomme arabique et d’acide.  Puis elle est mouillée et encrée avec une autre encre grasse. L’eau refusant le gras, l’encre demeure sur le tracé et peut recevoir la feuille avant le passage sous la presse lithographique. Avec cette technique on peut tirer un très grand nombre d’épreuves. Pour la lithographie en couleur, il y aura une planche par couleur, les nuances seront créées par la superposition de plusieurs teintes. Il n’y aura pas d’empreinte de cuvette (marque laissée par les cuivres lors de l’impression en creux) ni de relief d’encre.
Mais, si c’est une technique qui semble plus aisée, elle permettra cependant à de grands artistes d’exprimer leur génie comme Daumier, Lautrec, Goya ou Matisse par exemple.

En restauration :

Généralement les encres d’impression sont très stables mais selon les époques, il peut y avoir des teintes plus fragiles. Le restaurateur prendra soin de faire des tests avant toute action pour vérifier la résistance à l’eau et aux différents produits qui pourront être utilisés lors des procédures de restauration.