Restauration de dessins au crayon.

Restauration d’un dessin au crayon

restauration d'un dessin au crayon, mine de plomb, sur papier du 19ème siècle

 Dessin au crayon, mine de plomb avant décollage et nettoyage.

Etat de conservation :

Ce petit dessin à la mine de plomb, attribué par son propriétaire à Delacroix, est collé sur un carton acide avec une colle de « pâte ». Cette colle a provoqué des taches très importantes dans le dessin, occultant par endroit le graphisme. Le restaurateur constate que le coin supérieur gauche est entièrement déchiré et qu’il manque le coin supérieur droit. Et il existe également deux  déchirures importantes dans la partie basse. Il y a eu plusieurs collage successifs car la colle brune n’est pas présente partout alors que le dessin est collé sur toute sa périphérie à l’aide d’une colle qui ne s’est pas oxydée de la même manière. Le papier du dessin est extrêmement fin : papier à esquisse et il est très fragilisé par de mauvaises conditions de conservation, en particulier par son collage sur des cartons acides.

Procédure de restauration du dessin au crayon :

La première étape consistera dans le décollage du dessin. Il s’agit d’abord d’éliminer le plus de carton possible autour des parties non collées et d’amincir le carton au scalpel. Le restaurateur appliquera ensuite das cataplasmes de gel de synthèse pour ramollir suffisamment les colles pour détacher l’oeuvre de son support à l’aide d’une spatule très fine. Ce dessin étant très fragile, le restaurateur ne prendra pas le risque d’un décollage en bain. Le dessin sera ensuite nettoyé dans plusieurs bains aqueux jusqu’à élimination de toute trace de colle. Un nettoyage chimique ponctuel aurait pu être envisagé mais par chance, cela ne sera pas nécessaire.
Restauration d'un dessin à la mine de plomb, dessin déchiré

Restauration d’un dessin au crayon : état après décollage et nettoyage

Après nettoyage, les dernières traces seront atténuées ponctuellement avant un doublage sur un papier japon 11 gr et une colle de  restauration, la Klucel G. La restauration du dessin au crayon se terminera par une greffe de papier afin de refaire le coin du document. Le restaurateur utilisera un papier de même nature et une colle de restauration réversible.
restauration de dessins, dessin au crayon après restauration

Dessin après décollage, nettoyage, doublage et greffe de papier.

Restauration d’estampes

Restauration d’une estampe japonaise

Estampe japonaise de Kuniyoshirestauration estampe japonaise; trous de vers, pliures

Etat de conservation

Cette estampe présente un papier assez fragilisé, très mou et d’aspect froissé (difficile à voir sur la photo mais présence de plis très marqués en partie médiane). Les marges sont absentes à droite comme en partie inférieure et le papier est chiffonné. Sur le verso, d’anciennes traces de moisissures sont visible

 trous de vers dans le graphisme
Détail de l’estampe avant restauration :
Trous dus à des lépismes (poissons d’argent), pliures, absence de marge et papier plié dans le bord inférieur droit.

Estampe après restauration
estampe japonaise après restauration, mise à plat, réparation des trous, mise à la teinte

Procédure de restauration de l’estampe :

Après des tests sur les pigments, le restaurateur a dépoussiéré ce document avant de le laver en bain aqueux rapidement pour éliminer les résidus colorés et restituer un peu de solidité au papier. Puis il a réalisé un massage à colle tylose MH300P pour atténuer les pliures et renforcer le papier.
Après séchage sous intissés et sous poids, la restauration des trous de lépismes avec des greffes de papier puis leur mise en couleur a permis de restituer la beauté originale de l’estampe. Enfin, afin de permettre  un encadrement qui n’empiéterait pas sur le graphisme, des bandes de japon 11gr très fines ont été fixées sur les cotés de la gravure.

L’estampe japonaise :

Il s’agit de gravure sur bois  appelée également impression xylographique. Les matrices employées sont gravées dans des blocs de bois dans le sens du fil du bois (c’est à dire parallèlement à la hauteur de l’arbre). Il y aura une planche gravée par couleur et, sur chaque planche, on rajoutera la couleur à la main l’aide d’un frotton ou baren. Les couleurs seront donc posées les unes après les autres et certaines couleurs résulteront des mélanges obtenus par superposition. 

Spécificité de l’estampe japonaise :

On comprend bien alors que chaque estampe (au sens de tirage) sera unique. Le bois était utilisé dans le sens du fil et l’art japonais ne souhaitant pas faire disparaître cette empreinte, il est fréquent, d’apercevoir dans les aplats les plus grands (mers, cieux) l’empreinte du bois. Les pigments utilisés ne sont pas des huiles grasses et sont donc beaucoup plus fragiles, les nettoyages seront, donc limités. Ils sont également particulièrement sensibles à la lumière, surtout les teintes rouges et jaunes et doivent être protégés en cas d’exposition.

Pour ce type d’estampe, on parlera de procédés de gravure en relief qu’elles soient orientales ou occidentales par opposition aux procédés en creux comme le burin, l’eau-forte et leur dérivés et aux procédés à plat comme la lithographie et ses dérivés.