Restauration d’une aquatinte

Gravure à l'aquatinte imprimée en couleurs avec une petite aquarelle réalisée par l'artiste.

Etat de l'aquatinte avant décollage et nettoyage :

Cette gravure à l’aquatinte se présente collée sur un carton acide à la colle vinylique. L’acidité du carton a provoqué une oxydation de la  de la cellulose d’où les taches rousses (foxing, piqûres) et, à la longue, une fragilisation du support papier et une tonalité rousse sur l’ensemble de la gravure. Le document a été également au contact de l’eau d’où une grande mouillure en partie basse. Enfin, le restaurateur se trouve confronté à la difficulté que représente la petite aquarelle en partie basse. 

Aquarelle et aquatinte avant restauration

Détail de l’aquarelle dans la marge gauche de l’aquatinte

aquarelle-et-aquatinte-apres

Après un décollage, le restaurateur pourra envisager le nettoyage de la gravure et de l’aquarelle. Compte-tenu, de la plus grande fragilité de l’aquarelle, en particulier ici avec les teintes soutenues, il faudra envisager une fixation du graphisme de l’aquarelle avant la restauration (nettoyage, blanchiment chimique et neutralisation) 

Grace à la fixation des pigments, le restaurateur a pu nettoyer l’oeuvre et l’ aquatinte a retrouvé sa fraicheur et ses contrastes. Un encadrement de qualité sur carton museum avec un verre protecteur, antireflet, anti UV si possible, qui ne touche pas le document. 

Quelques notions sur l’aquatinte :

Dans le cas de cette aquatinte, il s’agit d’une impression en couleurs, il y aura donc une planche par couleur, les verts, par exemple, seront réalisés par deux impressions superposées une de bleu et une de jaune.
 Le repérage, lors des divers passages sous chaque plaque est donc capital sinon, l’aquatinte sera floutée.
 Dans le cas des aquatintes imprimées en couleurs, les couleurs d’impression sont à l’encre grasse et ne craignent pas l’eau. Dans 99 % des cas, on peut même envisager, comme ici, un traitement chimique mais, parfois, à l’emplacement des taches de foxing, on peut avoir une décoloration.
 Si, le papier a été teinté et, parfois même dans le graphisme, la dégradation de la cellulose peut entraîner la dégradation des coloris. C’est essentiellement le cas pour les papiers du XXème siècle qui, dans de mauvaises conditions de conservation et aux contacts de cartons d’encadrement acides, s’oxydent très fortement. Ils deviennent très foncés avec des taches très marquées.