Restauration d’un dessin aux trois crayons

Restauration d’un dessin aux trois crayons, décollage et mise à plat.

Etat de conservation du dessin

Ce dessin a été collé par l’encadreur sur un carton gris de très mauvaise qualité et très acide. Comme il a été collé sur sa périphérie, le papier, en subissant des variation hygrométriques, allongement et rétractation, s’est fortement gauchi en partie basse à droite.
 De plus les attaches métalliques, sont au contact du dessin au verso, comme elles sont juste placée dans le carton évidé sans protection, elles ont déjà créées de petites perforations et rendent le décollage très difficile.
Le restaurateur ne peut utiliser de décollage en bain sur ce dessin car la craie, rehauts de blanc, se dissoudrait immédiatement, entraînant une perte de graphisme. 

Dessin après restauration

Procédure de restauration du dessin :

Pour décoller ce dessin, le restaurateur va devoir creuser le carton au scalpel sous les bords collés (carton du 19ème siècle très dur) jusqu’à ce qu’il puisse détacher le dessin. Et, la difficulté ici est exagérée par ces attaches métalliques qui bougent et qui menacent de déchirer l’œuvre si on travaille sur le verso. Une fois le carton aminci, on pourra désolidariser le document, en enlevant la partie du carton non collée. Puis, au verso du dessin, le restaurateur enlèvera les résidus de carton collés avec des cataplasmes de gel de synthèse pour humidifier la colle sans créer d’auréoles.

Le blanc : Craie blanche, « aquarelle » blanche, gouache blanche, crayon blanc...

Le blanc :  Craie blanche, « aquarelle » blanche, gouache blanche posent des difficultés au restaurateur de papier, certains blancs, blanc de plomb, s’oxydent et rosissent ou noircissent.
D’autres, essentiellement composés de carbonate de calcium sont par leur composition, solubles dans l’eau ce qui rend les nettoyages ou désacidifications en bain aqueux impossibles sans altérer le graphisme. Si le restaurateur devait envisager un nettoyage en bain en présence de craie blanche par exemple, il lui faudrait s’assurer que propriétaire de l’oeuvre est sensible au fait que les blancs pourraient nécessiter d’être refaits ce qui pose la question de l’originalité du document. Il est parfois possible de les préserver avec des fixatifs mais la procédure n’est pas toujours suffisante.