Restauration de lithographies

Restauration d'une lithographie : exemple d'une affiche de Tintin

Etat de la lithographie avant restauration.

Cette lithographie avant restauration apparaît assez jaune. Cette couleur est due à l’oxydation de la cellulose du papier. Les coins  déchirés par d’anciennes punaises manquent en partie. Et l’utilisation d’adhésifs de type pâte à modeler a également laissé des traces graisseuses dans les coins et au milieu du document.

Procédure de restauration de l'affiche lithographique :

Tout d’abord, le restaurateur va retirer les restes d’adhésifs à l’aide d’une spatule chauffante. Puis, à l’aide de cataplasmes de Laponite, un gel de synthèse, et de solvants testés au préalable, il enlèvera au mieux les taches graisseuses laissées par la pâte collante.

 Il lavera ensuite la lithographie dans plusieurs bains aqueux à l’eau tiède jusqu’à dissolution des composés colorés issus de l’oxydation. Le restaurateur mettra ensuite le document à plat en le massant avec un gel de Tylose avant de le faire sécher à plat sous buvard.

Lithographie après restauration :

Lithographie après restauration, nettoyage, réparation des lacunes.

Après séchage, le restaurateur a exécuté des greffes de papier afin de reconstituer les angles manquants et fait quelques retouches là où le graphisme était abimé. On notera que sans la dominante jaune due à l’oxydation, le bleu retrouve son éclat sans tirer sur le vert et les contrastes sont ravivés.

La lithographie :

La lithographie est une technique de gravure à plat. Inventée par Aloys Senefelder, qui cherchait un moyen de reproduire des partitions, mais définitivement mise au point dans les premières années du XIXesiècle. La lithographie (du grec lithos, « pierre » et graphein, « écrire ») est une technique d’impression sur pierre ou sur zinc à l’aide d’encre grasse.

La lithographie donne une grande liberté à l’artiste car il peut dessiner directement au crayon gras, à l’encre ou au pinceau sur la pierre. La pierre lithographique est une pierre calcaire préparée de manière à retenir cette encre grasse qui sera fixée par un mélange de gomme arabique et d’acide.  Puis elle est mouillée et encrée avec une autre encre grasse. L’eau refusant le gras, l’encre demeure sur le tracé et peut recevoir la feuille avant le passage sous la presse lithographique. Avec cette technique on peut tirer un très grand nombre d’épreuves. Pour la lithographie en couleur, il y aura une planche par couleur, les nuances seront créées par la superposition de plusieurs teintes. Il n’y aura pas d’empreinte de cuvette (marque laissée par les cuivres lors de l’impression en creux) ni de relief d’encre.
Mais, si c’est une technique qui semble plus aisée, elle permettra cependant à de grands artistes d’exprimer leur génie comme Daumier, Lautrec, Goya ou Matisse par exemple.

En restauration :

Généralement les encres d’impression sont très stables mais selon les époques, il peut y avoir des teintes plus fragiles. Le restaurateur prendra soin de faire des tests avant toute action pour vérifier la résistance à l’eau et aux différents produits qui pourront être utilisés lors des procédures de restauration.